PROSTITUTION, ABOLITION, DIFFAMATION. par Helene Schwartz (ex trans-pute)

PROSTITUTION, ABOLITION, DIFFAMATION.
 
 En France les associations catholiques ont longtemps eu le monopole de
 la «réhabilitation» des prostituées. L’Etat finance toutes sortes
 d’associations farfelues, par exemple «ô captifs la libération» avec
 sa petite chapelle à roulette qui tourne dans le Bois de Boulogne.
 Avec la crise du Sida ces associations subventionnées ont souvent
 rechigné à distribuer des préservatifs à cette population menacée. Les
 prostituées ont pris leur destin en main, des laïcs les ont aidées.
 A Lyon, en 1993, une association laïque majoritairement composée
 d’infirmières, a monté Cabiria. Pour aider les femmes et les personnes
 trans se prostituant dans la rue. Cabiria est un succès, et reçoit les
 soutiens qu’elle mérite. Cabiria se dote d’un bus pour aller au devant
 des prostituées.
 
 Le mouvement du Nid, le holding catholique abolitionniste créé vers
 1930 par un prêtre (aujourd’hui un diacre est à sa tête) fulmine. En
 octobre 1993 dans son journal « prostitution et société » Le Nid
 publie un texte de quatre pages «L’organisation de la prostitution
 roule en bus », dénonçant Cabiria. Quelques citations : « Ce type
 d’initiative en effet ne vise, au-delà de tentatives de réponses à
 des exigences immédiates, qu’à rendre « plus acceptable » et plus «
 sûre » la pratique de la prostitution en cantonnant les personnes dans
 un rôle de « travailleurs (ses) du sexe. Il ne s’agit de rien d’autres
 que de leur permettre de mieux se prostituer ». Bref si une prostituée
 se fait agresser devant vous, ne réagissez pas car cela serait l’aider
 à rendre son activité « acceptable » Entre les lignes on devine ce
 qui blesse le Nid : « comment les pouvoirs publics peuvent-ils
 subventionner des actions et mettre en place des post!
 es salariés confiés à des personnes prostituées, alors que les
 crédits obligatoires de 1960 pour la prévention et la réinsertion se
 raréfient. Comment peuvent-ils être partie prenante d’initiatives
 visant à l’organisation de la prostitution ?» Distribuer des
 préservatifs à une travailleuse du sexe pour sa santé, celle de son
 client et de ses partenaires, c’est « organiser la prostitution »?
 Aider une prostituée sans papier à obtenir des titres de séjour où à
 surveiller sa santé c’est « organiser la prostitution »? Pas question
 de partager les subventions!
 
 C’était en 1993. Depuis on a vu s’établir une étrange alliance entre
 les féministes institutionnelles du PS et les abolitionnistes
 cléricaux anti-IVG. On a vu l’union du PS et de l’UMP pour une loi
 prétendue anti-clients mais qui ne pénalisera que les prostituées en
 les mettant davantage dans les mains de la police (et de ses macs. On
 a vu des tombereaux de diffamations projetés sur le Stras, le syndicat
 des prostituées et ses activistes, à coup de blogs et de sites
 internet dégorgeant des calomnies personnelles à vomir. Une présidente
 du conseil général du PC a été condamnée en justice pour avoir
 déclaré que le syndicat des prostituées (tout genre confondu) était
 forcement «aux mains des maffias proxénètes» (et personne ne parle du
 travail de conseils juridiques, sanitaires du Strass).
 On peut débattre de la prostitution, s’il faut l’abolir ou non, et si
 la police est le meilleur moyen; si échanger une prestation sexuelle
 contre de l’argent relève d’une atteinte au sacré. Mais pourquoi
 faire taire les principales intéressées à coup de calomnies en
 s’alliant avec les obscurantistes ?
 Helene Schwartz (ex trans-pute)
 

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